lundi 3 mai 2010

COMPLAINTE


Sur les réjouissances qu’ont faites les Tourquennois ayant appris ma mort

Hélas ! queulle triste nouvelle,
Qu’on intind dins tout canton.
Ell’n’est ni bonne ni bielle,
Ch’est l’mort du pauv’ Brul’-Mason
Queulle affliction !
Car cha nous fait braire,
D’pinser que ch’l homme r’nommé
Est trépassé.

Un chacun dit : Ch’est damache
Qu’un parel espri’ est mort !
Dir’que l’dernier jour de s’n ache
D’vant morir parlo’incor,
Queu triste sort !
Qu’un homme aussi sache,
N’arot jamais d’vu morir,
Qui fait tant rire.


Brul’Mason, par ses grimaces
Etot connu tout partout,
Dins les bourgs et les villaches,
D’un bout jusqu’à l’auter bout,
Jusqu’au Pérou,
Jamais personnache
N’a su faire autant d’canchons
Que ch’ Brul’-Mason.


Quand qu’i cantot sus la place,
Les sam’dis et merquedis,
On courot vir ses grimaces,
Ses morgues, mêm’ ses sing’ries,
Et ses drol’ries ;
De ville, in villaches,
Amusot fille’ et garchons
Par ses canchons.


I m’tot un nocquet à s’bouque.
Autermint dit un carnas,
Avec un coutiau d’quat’doupes
Brul’-Mason perchot sin bras.
Après tout cha,
I maingeot d’s étoupes,
Pa s’bouq’ sortot à l’instant
Des biaux rubans.


Quand il avot fait ses morgues,
Après cha copot sin nez.
Avec des cats i juot d’s orgues,
Sin front y broquot apré,
Et d’sus l’marqué
Il étot in vogue.
Faijot avec ses maintiens
Rir’ tous les gins.


Par malheur, un homm’ si sache
Est mort ! Prions Dieu pour li.
Mais dins Tourcoing bian bourgache
Un chacun s’in réjouit.
Grand comm’ petit,
Sont tertous bénaches
Qui n’fra jamais pus d’canchon
Che Brul’Maison !


Ayant appris d’assurance
Que ch’Brûl-Mason étot mort,
Ont fait des réjouissances.
Malgré qui gelot bien fort,
Tout d’un accord,
il' ont fait bombance,
Il’ ont mêm' fait, sus ma foi,
Des grands fus d’joie.


I n’y-avot l’ fieu à Jean-Jacques
Qui avot donné du bos ;
Ch’ti qui a étranné s’vaque
Il a donné un chint d’os ;
Et Vaterlos,
Avé s’biell’ casaque,
Il a donné vingt bourrées,
Pour les brûler.


Jean Gille a donné d’s équettes
Pour mette à ch’fameux fu d’joie ;
Un aute a donné s’brouette.
Ont fait un fu comme eun’ moye,
Et gros Franços
A donné s’rufflette
Et eun’pell’ tout rimplie d’ bren
Pour mette d’dins.


Au mitan de ch’fu intière
I n’y-avot un long baton
Au d’bout n’y-avot eun’bannière
Avecque l’nom d’Brul’Mason
Fait à fachon
Infants, père et mère
Dansott’nt tout autour du fu
Comm’ des perdus.


Il’ ont jété des baguettes,
Il’ ont jué du tambour,
Du violon et de l’trompette,
Infin ch’étot dins ch’biau jour
Sans nul détour,
Bien mieux qu’à leu fiête.
I n’ont jamais eu ma foi
Eun’ parell’ joie.


N’y-avot un des princhipales
Qu’on appell’ Mathieu Colas,
I leu-z-a fai’ un régale,
Avec eun’biell’ pair’ de cats,
Dodu’ et cras,
(Queu souper frugale !)
Accomodé’ à fachon
Avé d’s angnons.


Comme i maingeott’nt sans fourchettes,
Croyant qu’ch’étot du lapin,
L’un a attrapé eun’tiête,
Il l’a mis pa’ d’sus sin pain,
In ayant faim ;
Maingeott’nt comm’ des biêtes,
Sans pinser qu’tout cha dins l’plat
Ch’étot du cat.


Dins cheull’ fricassé friande
On a trouvé eun’soris,
Bien poilass’, bien bielle et grande,
Aussitôt tout l’companie
Tout ébahie,
Sans fair’ d’aut’ demande,
Ont vu qui maingeottent là
Tertous du cat !


Ont délouffé comm’ des biêtes,
D’ches cats des fameux morciaux.
Ma’ à leu cœur, à leus tiêtes,
Délouffant tous ches lourdiaux
Plein des séaux,
Mon Dieu ! queull’biell’ fiête !
Pour se r’vinger, Brul’-Mason
Fait cheull’ canchon

jeudi 22 avril 2010

ARRETE TON CHAR !




Non, ce n’était pas la façon pour Brûle-Maison de se déplacer dans Lille (à la manière de Cléopâtre ?).
C’est une représentation (sûrement de Boldoduc) d’un char lors des fêtes de Lille.
C’est par le plus grand des hasards que je suis tombé sur cette gravure.
Boldoduc est maintenant le nom d'un quartier d' Hellemmes (en memoire de cet imprimeur).

mardi 20 avril 2010

LE PANTHEON DES CHANSONNIERS



Le panthéon est assez décousu!
On remarquera en première ligne DESROUSSEAUX et dans le fond B-M.
Qui pourra fournir le nom des autres chansonniers ?

jeudi 15 avril 2010

DESROUSSEAUX LE CREATEUR DU PETIT QUINQUIN.




Si je vous dis : Alexandre DESROUSSEAUX
Vous me répondez : le petit QUINQUIN !
Voici deux représentations de son auteur.
Dans la premiere , il porte le costume d'un Brûle-maison (le tricorne est par terre et la maison de papier brûle !).
Dans le second, c'est une gravure provenant d'un de ses livres.
N'oublions pas ce monument qui avait tellement de compassion pour les petites gens.
En 1870, les moblots (la garde nationale), partirent se battre avec FAIDHERBE, et LILLE NE FUT PAS OCCUPE PAR LES PRUSCOTS.
Nos vaillants défenseurs partirent avec des chaussures à semelles en carton (on a toujours su bien faire les choses) mais au son du QUINQUIN !!!

dimanche 28 mars 2010

LA CARTE A JOUER


Voici un portrait très étrange de Brûle-Maison.
Ca provenance est très simple :
C’est dans le recueil de PANCOUCKE (qui n’est pas contemporain de François COTTIGNY) des célèbres pasquilles.
Analysons ensemble cette image :
Le costume ressemble d’avantage à un pourpoint de la renaissance qu’à un justaucorps.
Les manches sont larges.
Le béret avec les plumes lui donnent l’apparence d’un ménestrel surtout avec le violon.
Je le trouve anachronique en ce début du XVIII siècle.
Il porte la moustache, ce qui me le rattache d’avantage à l’époque de la renaissance.
Bref, Ce n’était pas vraiment la mode de l’époque.
L’impression générale me semble qu’il s’agit d’une représentation du valet de carreau, celui avec une plume, celui qui, dans notre enfance, nous appelions « le puant » du nom d’un jeu.
Merci de donner votre sentiment.
Vous noterez que nous en sommes à 4 portraits.

vendredi 26 mars 2010

TOUDIS SIMONS


Voici la representation de mon cadeau.

Je vous invite à visiter le site de l'association qui perpetue le souvenir de notre grand

LEOPOLD SIMONS

UN BIAU CADEAU DE TOUDIS SIMONS













J’ai reçu un biau cadeau !
Un IMMENSE MERCI
A Monsieur le président de l’Association TOUDIS SIMONS pour son BIAU CADEAU !
Un exemplaire de la revue TOUDIS consacré à Brûle-Maison.
ET surprise ! J’ai bien l’honneur de vous présenter le regretté SIMONS sous les habits de brûle-Maison.
Ainsi qu’une photo, car SIMONS a même interprété des sketchs, il m’en reste un vague souvenir d’un broutteux devant scier des perches pour les passer à la porte de Lille…
Vers 1962, j’avais 8 ans.